Le journalisme de papa est mort, vive le journalisme du futur.

La carte blanche de Martine Simonis (publiées le jeudi 12 mars dans Le Soir) est un fameux brulôt syndicaliste qui n’aborde que le point de vue du journaliste. Dommage. J’avoue mon étonnement sur le manque de vision de la profession dans le grand débat sur l’avenir des médias traditionnels.
La secrétaire générale de l’Association des journalistes professionnels veut parier sur la valeur ajoutée des professionnels de l’information. Très bien mais les propositions sont bien naïves à mon sens si on observe la situation économique globale et plus particulièrement celle de la presse.
Cesser de licencier: ok mais alors il faut trouver de nouveaux revenus, être créatif et mettre en place de nouveaux business model qui correspondent à l’évolution des technologies de la communication et qui tiennent compte du changement des habitudes du consommateur/lecteur.
Attirer les talents, garder les plumes et les cerveaux: oui s’ils s’inscrivent dans une démarche de renouveau de l’offre des médias.
Réduire la pression et la charge de travail: quasi impossible. Il faut s’adapter ou changer de boulot. Il faut que le journaliste s’adapte à la vitesse de l’information et à ses vecteurs (Internet, GSM, Tweeter…). Ce qui ne signifie absolument pas que le journalisme d’investigation est jeté aux oubliettes. Mais tout va beaucoup plus vite.
Respecter leur droits d’auteur: difficile alors que ceux qui les ont abandonnés partagent leur contenu sur Internet et les nouveaux médias et avancent avec leur temps plutôt que de compter leurs sous. Les nouveaux médias et les nouvelles technologies de l’information et de la communication, c’est le règne du partage au sein d’un business qui rapporte par ailleurs et qui correspond à l’évolution des mentalités face à l’information.
Revitalisons la déontologie et reparlons de la responsabilité sociale des médias: ok mais cela me semble aller à contre courant de la tendance actuelle? Ne voit-on pas les journaux devenir plus agressifs pour attirer le chaland et garantir leur part d’audience. On ouvre le débat mais gare aux dérapages. Comment revenir à plus de déontologie et de sérénité alors qu’on se bat pour survivre. L’exercice est difficile. Le danger est bien présent de laisser plus de place aux radicalismes.
Revaloriser le rôle des rédacteurs en chef et leur donner plus de poids: c’est dépassé. Si le rédac chef est bon, la Direction le suivra.
Rapatrier les moyens générés par les activités connexes: peut-être. Mais alors pour imaginer de nouvelles pistes et s’y engoufrer pour se renouveler et réussir à s’adapter .
Aider les éditeurs et augmenter les aides à la presse: utopique. La presse (et les médias traditionnels) doit se prendre en main et avoir une vision bien plus large sur l’avenir.
Le défi est en tout cas énorme. Mais ce n’est pas en se repliant sur soi et en réclamant de nouvelles aides que la profession y parviendra.

Comments
By Fabrice Lambert on March 19th, 2009 at 9:44 pm
Bonsoir,
J’ai lu avec beaucoup d’attention le billet ci-dessus. Je partage évidemment votre analyse. ET pour cause, chassée de la bande FM, BFM Belgique radio a su renaître sur le terrain des nouvelles technologies et s’incrit dans les nouveaux métiers liés au journalisme moderne.
Pour votre info, voici l’adresse de notre site (www.bfmtoday.be). Nous éditons depuis un mois et demi un quotidien digital. Son, image et texte… 3 en 1 avec une lecture linéaire comme un journal écrit.
Bien à vous
Fabrice Lambert
0478 48 31 36
By The Mole on March 20th, 2009 at 12:02 am
Vos commentaires sont d’une naïveté désarmante… Du journalisme d’investigation qui doit “s’adapter” à la vitesse des vecteurs de l’info? Des rédac’chefs qui doivent plaire aux directions “s’ils sont bons”, et pas la moindre proposition concrète et plausible quant à la mutation que vous préconisez! Mais que proposez-vous, en somme? Parce que là, ça reste assez creux, jeune homme!
By Thibaut on March 20th, 2009 at 8:55 am
Bonjour Monsieur Lambert et merci pour votre commentaire. Je n’avais pas encore eu l’occasion de m’inscrire à votre nouveau magazine (ce qui est maintenant fait) tout en connaissant votre initiative courageuse. Je vous souhaite bonne chance et suivrai avec intérêt votre contenu.
By Thibaut on March 20th, 2009 at 9:12 am
Chère taupe, merci pour votre commentaire également qui permet de rebondir dans ce débat difficile sur l’avenir du journalisme, des journaux et de l’information. Mon analyse de la carte blanche de Martine Simonis n’est en effet qu’un constat et ne donne aucune piste sinon celle de se tourner résolument vers l’avenir. Tous les indicateurs sont au rouge pour les médias traditionnels et Martine Simonis nous propose des solutions éculées qu’on entend depuis des lustres. c’est pour moi un manque de clairvoyance. En revanche, bien sûr qu’il ne faut pas laisser tomber les bras et tourner le dos aux médias traditionnels; bien sûr qu’il faut se mettre autour d’une table pour réfléchir aux solutions qui nous permettront de maintenir une presse écrite de qualité, pluraliste…Mais une chose est certaine, il faudra y mettre le prix. On entend des cris et des grincements de dents mais soyons réalistes, ce n’est qu’un début lorsqu’on entend les difficultés rencontrées par les médias traditionnels. Ils garderont probablement une place parmi les nouveaux médias mais devront concéder du terrain et s’adapter dans le bon sens.
By Ettore Rizza on March 20th, 2009 at 11:33 am
Je vais pondre une tartine, je le sens, et je vous prie par avance de m’en excuser. Mais votre billet m’inspire. On dirait un concentré caricatural de ce prophétisme technico-liberalo-jeunecadredynamico-geeko-newage qui a tellement le don de m’horripiler ces temps-ci. Ce qui a d’ailleurs entrainé hier soir, sur le profil Facebook de Damien Van Achter, un échange assez vif avec Charles Bricman, lequel semblait défendre votre vision des choses. Au cas où vous ne seriez pas ami avec ce dernier, ni adepte de ce réseau social, voici le passage qui vous concerne :
“”Non, Charles Bricman, je ne crois pas qu’Albert Londres avait un “business model”. Du moins pas celui que prône ce Thibaut pour qui les journalistes ne peuvent que s’adapter “à la vitesse de l’information et à ses vecteurs (Internet, GSM, Tweeter…) (sic)” ou changer de boulot. Mais sans doute lui et moi n’avons pas la même définition du journalisme, qui, à mes yeux naïfs, consiste moins à donner vite vite vite les infos trouvées sur Twiter qu’à leur donner du SENS.”"
Voilà pour les rétroactes. Passons aux autres points de votre laïus. Bel exploit : presque tous ont réussi à me faire bondir. Notamment :
[ Cesser de licencier, oui, mais à condition de trouver un "business model" qui tienne compte "du changement des habitudes du consommateur/lecteur." ]
Quel hasard ! J’en ai justement trouvé un par terre. Il dit : “Engager des journalistes de qualité (ou au moins cesser de les virer) afin de produire un journal qui se démarque de la production gratuite (en réalité de simples dépêches) disponible sur le net ou dans les transports en commun Ce qui n’empêche en rien de miser, en parallèle, sur un site internet réactif et de qualité.”
Et que je sache, rien n’interdit à ces journalistes de qualité de s’inscrire également “dans une démarche de renouveau de l’offre des médias.”
[ Respecter leur droits d’auteur: difficile alors que ceux qui les ont abandonnés partagent leur contenu sur Internet et les nouveaux médias et avancent avec leur temps plutôt que de compter leurs sous. ]
Celle-là, je sens que je vais la faire encadrer. Je suis heureux pour vous qu’un Responsable du département Analyses chez AuxiPress n’ait pas besoin de compter ses sous lorsqu’il avance avec son temps, cheveux au vent. Mais votre saillie est une insulte aux journalistes qui triment comme des forcenés pour des revenus sans commune mesure avec leur niveau de formation, leur expérience ou leur abnégation. Je pense ici surtout aux indépendants. Qui n’ont jamais abandonné leurs droits d’auteur, mais qui ont juste été contraints d’en céder la PARTIE aliénable aux clients qui l’exigeaient. Lesquels en tirent des revenus supplémentaires – tant mieux -, mais dont l’auteur, à vous lire, serait bien malvenu de réclamer sa part. Ah, qu’ils sont petits et mesquins ces auteurs… Cela dit, je m’étonne que votre goût pour le “règne du partage” ne vous ait pas encore poussé à mettre en ligne gratuitement vos analyses de chez AuxiPress…
[Revitalisons la déontologie et reparlons de la responsabilité sociale des médias: ok mais cela me semble aller à contre courant de la tendance actuelle? (...) Comment revenir à plus de déontologie et de sérénité alors qu’on se bat pour survivre. L’exercice est difficile.]
Celle-là est encore plus énorme et va sans doute côtoyer la précédente sur le mur de mon salon. Alors, c’est cela les conseils que vous prodiguez aux patrons de presse ? Qu’en période de crise, la déontologie doit être considérée comme un fardeau bon pour les imbéciles ? Qu’il serait bien sot de ne pas annoncer n’importe quoi n’importe comment en une, dès lors que le concurrent risque de le faire à votre place ?
J’arrête là. Du travail sérieux m’attend et je sens que mes ulcères se réveillent.
Je confirme mon jugement d’hier : nous n’avons décidément pas la même conception du journalisme, vous et moi.
By Thibaut on March 20th, 2009 at 3:41 pm
Bonjour et merci de votre intérêt pour le sujet.
Je pense être comme vous très soucieux de l’avenir des médias , de l’information et des journalistes qui nous la transmettent sous différentes formes (analyses, réflexions, investigation ou simples dépêches…) Nous en vivons chaque jour et nous nous acquittons des droits d’auteur en toute légalité en approuvant ce principe. Ce que je souhaite faire comprendre, c’est qu’il me semble (et cela n’engage que moi)que les médias traditionnels tardent à se reconvertir face aux nouveaux médias. L’érosion des médias traditionnels est une réalité et se renforce chaque jour. On en connaît les nombreuses raisons. On sait que l’audience baisse et que les recettes publicitaires se déplacent vers d’autres supports. On sait que l’opinion se désintéresse des médias traditionnels. On sait que les adolescents et les jeunes adultes ont d’autres préoccupations qui englobent d’ailleurs bien souvent de nouveaux médias…
En terme de déontologie, j’aspire évidemment à ce qu’elle soit omniprésente mais je constate qu’en 20 ans d’analyse du contenu médiatique, les médias sont devenus plus agressifs. Notre société se radicalise parce qu’on ouvre le débat et que chacun exprime ses idées, heureusement, la majorité du temps, en respectant l’autre;mais des dérapages ont eu lieu. Nous sommes entraînés dans une évolution sociétale dont on ne contrôle pas toujours les effets. Il faut évidemment se battre pour maintenir une déontologie et une honnêteté indispensables au maintien de notre démocratie. Je ne suis pas pessimiste, je ne suis pas optimiste mais je crains pour l’avenir lorsque je constate la radicalisation des discours dans de nombreux domaines.
Enfin, je me permettrai de conclure en soulignant que nous avons initié notre blog pour offrir notre expertise en analyse du contenu des médias et mettre gratuitement à disposition du contenu qui exige travail et réflexion. Nous testons ainsi une autre manière de faire notre métier en nous familiarisant aux nouveaux médias.
By zweistein on March 20th, 2009 at 5:54 pm
Est-ce que ce n’est pas d’abord essentiel de diriger la discussion vers trouver la VISION du future journalisme
(authentique) en renforcant tendance de ‘moins de quantité et plus de qualité’ . C’est la base nécessaire ..
Les futurs lecteurs doivent trouver une vision durable de rester ‘fidèle/accroché etc’ à côté des offres comme Google et autres multiples sources..
By De Clercq on March 22nd, 2009 at 8:24 pm
Les jeunes de moins de 20 ans ne lisent plus la presse écrite mais par contre sont de plus en plus connectés sur le web ! Ces jeunes de demain qui seront les décideurs dans une décennie.
Il faut absolument les attirer également vers la presse écrite par une presse avec toujours plus de qualité !
By zephi32 on March 24th, 2009 at 2:11 pm
Plusieurs questions me viennent à l’esprit en lisant votre article :
Vivez vous dans le village des Scthroumpfs ? Etes-vous rédacteur en chef du 7xtra ? Avez-vous déjà réellement lu un journal ? Je veux dire un vrai journal écrit par de vrais journalistes ?
Plus sérieusement, comme dit plus haut, vous dénoncez ce qui pour vous est une attaque de l’aile radicale des journalistes marxo-léninistes, nostalgiques du mur de Berlin, mais vous ne donnez aucune piste vers laquelle on pourrait aller. Vous répondez : “Il faut innover”, ok bien, mais comment, avec quels moyens ? Apparement les idées vous manquent.
Ensuite, je crois, que vous confondez deux choses. Le métier de journaliste et l’occupation ou plus souvent le hobby de blogueur. Si étaler des dépêches ou ses états d’âme sur le net, équivaut pour vous à faire du journalisme, je pense qu’une petite visite à la page “j” du dictionnaire s’impose.
Je ne suis pas certain non plus que les médias soient “si en retard” sur les nouvelles technologies, la plupart des journaux quotidiens proposent du contenu en ligne. Mais plus pratiquement avez-vous déjà essayé de lire tout un journal sur votre écran? Personnelement ça me rebute un peu. J’imagine que vous vous limitez aux pages économiques, puisque cela semble être votre dada.
Vous semblez limiter la presse à une entité économique quelconque, avec un “business model”, des impératifs économiques etc. Il est évident qu’on ne peut produire un journal à perte, mais j’ai une vision très différente de la presse, sans doute utopiste ou idéaliste, à vos yeux de gourou de la finance. J’estime en effet qu’elle doit être un vecteur de démocratie, de partage, un espace ou le débat est possible. Appliquer ce modèle du profit à toutes les sauces nous amènera sans doute un jour à une crise sans précédent, mince je retarde, je crois que nous en vivons une… Causée, je crois, par une bande d’idionautes estimant que la logique du profit immédiat devait être élevée au rang de religion. Soit, je m’égare.
En ce qui concerne la baisse d’audimat des médias, je ne suis pas certain qu’elle résulte de l’avènement des nouvelles technologies, je pense que nous manquons simplement de curiosité et d’envie de découvertes, des titres comme le Ciné Revue ou La Dernière Heure semblent affronter cette baisse en proposant des articles nivellés par le bas, avec des sujets aussi intéressant que le boum de la vente des cervelas chauds dans les friteries du Hainaut ou encore des faits-divers dégooouuuulinant de misérabilisme. Ne faudrait-il pas justement répondre à cela en engageant des journalistes de qualité et en permettant aux journalistes en place de faire leur travail correctement?
J’aimerais aussi vous demander si vous avez été payé pour écrire votre article? La générosité devant être la principale qualité du brave blogueur, puisqu’il dispense son avis “éclairé” et “avisé” au plus grand nombre, sans rien attendre en retour, même pas un petit coup de pub pour sa société.
Je terminerai en disant que votre article est un condensé de ce qu’est la bogosphère. Tout le monde peut donner son avis sur tout et n’importe quoi, ce qui est bien, mais pas toujours intéressant. Je trouve aussi surprenant qu’une société qui a pour base de travail les médias se tire une balle dans le pied aussi délibérément.
Bien à vous.
By wallou on March 24th, 2009 at 6:40 pm
Avant de disserter sur le journalisme de demain, essayez déjà de comprendre celui d’aujourd’hui. Enfin, si vous le pouvez, bien entendu.
By charles on March 24th, 2009 at 10:19 pm
Je trouve personnellement assez étonnante la propension actuelle de la profession journalistique à défendre des thèses conservatrices et réactionnaires, au sens premier. La “gauche” surtout. Peut-être est-ce un réflexe défensif bien naturel. Je le crois suicidaire dans un monde qui est en train de changer.
Je n’adhère pas complètement à tout ce que vous dites dans votre article, mais les critiques qu’il subit ici me paraissent souvent teintées de corporatisme. Il en est toujours ainsi dans les époques de mutations profondes. Mais il faut poursuivre le débat. Et l’élever. La question n’est pas prioritairement d’ordre syndical, ni juridique. Elle porte sur l’information, qui est un besoin universel.
By Ettore Rizza on March 28th, 2009 at 12:08 pm
@Charles Bricman : je me demande, pour ma part, si les critiques en question ne sont pas liées davantage aux propos de l’auteur qu’aux mutations de notre époque. Car enfin, le texte plus haut suggère ni plus ni moins aux journalistes de travailler plus et plus vite — en abandonnant au passage une partie de leurs revenus — et en s’interrogeant sur la pertinence de la déontologie en période de crise. Bigre ! Il faudrait plutôt se féliciter que les réactions soient juste “teintées” de corporatisme.
Une fois de plus, vous semblez diviser la profession en deux. Il y aurait ainsi, d’une part, des journalistes conservateurs et réactionnaires. En abrégé : La gauche. Ils savent dès la puberté que leur corps change, mais refusent que le monde en fasse autant. Syndicalistes de père en fils, ils tiennent beaucoup à leurs chèques-repas. J’imagine qu’ils portent un chapeau mou et tapent à deux doigts sur des Remington arrachées au musée.
En face se rassemblent les Forces de la Lumière. Les deux doigts de ces journalistes-là sont en prise directe avec leur temps. Ils twittent comme des pinsons et, pour eux, Flickr n’est pas une injure. Clairvoyants, ils savent que le papier est voué à disparaître, comme en témoignent déjà les toilettes des gares. Ils trouvent que l’information ne circule pas assez vite sur internet. Nommons-les par facilité Damienusz Briculka(à caricature, caricature et demi
).
Eh bien, je me plais à croire qu’il existe un troisième front qui rassemble l’immense majorité des jeunes journalistes. Dans celui-là aussi, on utilise tous les moyens que la technologie met à disposition. Mais en les considérant comme des moyens, justement, non comme une fin.
Ceux qui composent ce camp savent comme vous que les médias de demain ne pourront plus ressembler à ceux d’aujourd’hui. Mais ils ne croient pas pour autant qu’internet deviendra LA source d’information. Ou, plutôt, ils entrevoient cette perspective avec appréhension. Pas par nostalgie ou par refus de la nouveauté, mais par crainte d’une surinformation débridée et vide de sens.
Les gens dont nous parlons consultent plus souvent Wikipedia que l’Universalis. Eux aussi se sentent tout nus sans leur GSM 3G/Wifi/Bluetooth/GPS à clavier rétractable, qui leur permettrait, au besoin, d’envoyer des infos quasi en direct. Mais ils ne pensent pas que tout ce qui est possible doit ABSOLUMENT être fait. Ils sont technophiles mais pas technolâtres. Ils pensent au contraire que le rythme effréné que prend l’information, la vitesse avec laquelle elle se propage, se multiplie, se déforme, le fait que le grand public ait désormais accès en temps réel à du matériau brut (les dépêches d’agence) jusqu’ici réservé à des professionnels avertis, toutes ces choses, donc, devraient amener la presse à freiner cette folie, à chercher plus que jamais à donner du sens aux infos, à s’interroger d’autant plus sur sa responsabilité.
Je crois savoir ce que vous répondrez. Que la responsabilité de la grande presse a pris un coup dans l’aile. Que ce n’est plus aux “mandarins” de dire au public ce qu’il DOIT savoir (définition de l’info selon Albert du Roy), que chacun peut désormais se confectionner son petit plateau de nouvelles, en butinant de site web en site web ou en bondissant de fil RSS en fil RSS. Oui, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre billet Eloge de la subjectivité.
Il y a sans doute du vrai dans votre analyse, mais elle me paraît bien idéaliste. Elle présuppose un internaute bien plus éclairé que ne l’est 90 % du public. Quant à votre définition de l’information comme “ce qu’on a BESOIN de savoir”, elle me paraît, à sa manière, aussi réductrice que celle d’Albert du Roy.
Mais peut-être aurons-nous l’occasion d’en rediscuter.
By zephi32 on March 28th, 2009 at 7:44 pm
Je voudrais juste préciser que je ne suis pas journaliste mais un simple lecteur et citoyen, inquiet de la perception de certains “professionnels” de l’information qui se voudraient prophètes mais n’en ont ni la crédibilité ni l’humilité.
By Robert Paul on June 18th, 2009 at 12:39 am
Au sujet de votre titre choquant et déplacé: “toute expression “… de papa…” a un relant nauséabond de fachisme. Avant, c’était “La Belgique de Papa” on voit ce que la belgique de “Fiston” a donné: une multitude de micro-états liliputiens ingérables.
Toute “réjouissance moqueuse” autour du “retard” de vos attardés de pères, est déplacée. Les jeunes font de manifiques inventions ,mais les générations des années 20, 30, 40, 50, sont capables d’avoir un avis, de s’en servir avec intelligence, et même bonté. Et nous, on est la génération du “Bon usage”, tempéré, loin de l’agitation frénétique brouillonne, et il ne sera pas question de nous mettre une étoile jaune sur nos rides, en faiant sous-entendre dans vos titres, que nous sommes obsolètes. Les aînés, ont encore, figurez-vous, quelques quelques leçons à transmettre. Et on a envie de la faire, mais pas avec des manchettes pareilles.
By Hepeohexeffeb on September 17th, 2009 at 11:17 am
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