Secteur pétrolier: le profit comme seul leitmotiv!

By Thibaut • on April 16, 2009

comp-petroleLe secteur pétrolier n’a finalement qu’un seul objectif: maximiser les profits. Ce n’est pas nouveau! Mais lu sous l’angle abordé par un article de Trends-Tendance ce jeudi 16 avril, c’est interpellant et consternant. A l’heure où les objectifs européens prônent pour 2020 une part du renouvelable dans l’ensemble de la production énergétique de l’ordre de 23% contre 3 à 4% aujourd’hui, la volte-face des compagnies pétrolières face aux énergies vertes est préoccupante. En effet, lorsqu’on analyse les bénéfices dégagés par le top 5 mondial en 2008 et alors que leurs investissements dans le renouvelable est si discret (mais au moins il avait le mérite d’exister), on se demande pourquoi les compagnies pétrolières souhaitent tourner le dos aux énergies vertes. Ayant surfer, comme beaucoup de secteurs, sur la vague de l’écologie ces dernières années, il semble que les compagnies pétrolières font marche arrière.

BP a dégagé 20 milliards d’euros de bénéfices mais pense éventuellement à revendre partiellement l’unité consacrée aux énergies renouvelables. Royal Dutch Shell a dégagé 20,6 milliards de bénéfices en 2008 mais veut abandonner l’éolien et le solaire pour se consacrer aux hydrocarbures. Chevron a dégagé 18,7 milliards de bénéfices mais investi à peine 800 millions de dollars dans le renouvelable par an soit 3,5% de ses dépenses en capital (ce chiffre comprend aussi ses investissements dans les mines de charbon et les centrales électriques pas vraiment propres…). ExxonMobil a dégagé 35 milliards de bénéfices (record absolu du capitalisme mondial selon Trends Tendance du 13/02/2009) mais a revendu son activité dans le solaire dans les années 1980 et ne possède pas d’investissements significatifs dans les énergies vertes. Enfin, Total a dégagé 14 milliards d’euros et se concentre sur le photovoltaïque, le nucléaire et le charbon propre mais on ne connaît pas la part de budget qui y est consacrée.

Le moins qu’on puisse dire, c’et que les chiffres des bénéfices engrangés par le top 5 des compagnies pétrolières est pharaoniques et que l’investissement qu’ils avaient consacré aux énergies vertes jusqu’à présent restait marginal. Pourquoi alors se détourner de l’effort à fournir pour renouveler nos ressources énergétiques? La réponse est simple: pour le profit. La phrase de Linda Cook, Directrice exécutive en charge de l’activité gaz et électricité chez Shell est sans équivoque:

Nous sommes des hommes et des femmes d’affaires. S’il y avait des renouvelables rentables, nous y investirions de l’argent.

Plusieurs de ces compagnies déclarent souhaiter se concentrer sur les biocarburants de deuxième génération moins polluants et n’utilisant plus de végétaux comme matières premières. A voir, car cette option rivalise avec le secteur alimentaire essentiel pour la survie de l’humanité.

Renoncer à leurs investissements dans les énergies vertes n’est sans aucun doute pas raisonnable vis-à-vis de l’opinion en terme d’image.

La fronde existe heureusement et elle est parfois organisée de l’intérieur. C’est le cas chez ExxxonMobil où un petit groupe de résistants menés par Neva Rockfeller Goodwin, arrière-petite-fille de John Rockfeller, s’insurge contre la course au profit d’ExxonMobil et le manque de vision à long terme.

S’exprimer si radicalement et faire fi de problématiques aussi essentielles que l’avenir de la planète et la santé de l’homme est étonnant .

Pourquoi abandonner tous les efforts réalisés ces dernières années pour tenter d’acquérir une image un tant soit peu plus “respectable” en la matière?

Une seule réponse:

LE PROFIT