Communicateurs, Médias, Consommateurs intimement liés dans la révolution virtuelle
Les groupes de presse ne sont pas les seuls à se démener pour survivre et se renouveler face aux développements des nouveaux médias. En effet, les acteurs de l’actualité, ceux qui la font, assistent aussi à une révolution et doivent s’adapter pour asseoir leur stratégie de communication. La question se pose de plus en plus de savoir s’il faut continuer de communiquer à travers les médias traditionnels ou s’il faut intégrer les nouveaux médias ou encore s’il faut choisir l’un ou l’autre support en fonction de sa stratégie. Cette question en cache une autre: l’apparition de nouveaux médias et leur diversification ne vont-elles pas demander de mettre en place des stratégies plus complexes ou plus ciblées. Une chose est sûre, les médias garderont leur rôle d’influence sur la manière dont l’information est véhiculée et continueront de jouer un rôle par rapport à l’impact de l’information sur le lecteur/consommateur.
Pour les médias, la difficulté sera donc de survivre face à l’apparition de concurrents sur d’autres supports. Pour le consommateur, la multiplication des sources d’informations sera telle qu’il se trouvera peut-être ou sans doute de plus en plus démuni face au nombreux(ses) flux/sources d’informations. Quant au communicateur , il verra sa tâche se complexifier puisqu’il devra mettre en place sa stratégie en fonction de sa cible en choisissant parmi de nombreux médias.
Le danger réside naturellement dans une dérive de consommation qui inhibe les capacités d’analyse, de synthèse et de réflexion de l’individu. Il faudra sans doute du temps avant que la relation Communicateur/Médias/Consommateur ne retrouve un équilibre, le temps que “la révolution des médias virtuels” soit passée, le temps que de nouveaux modèles permettant une nouvelle harmonie entre anciens et nouveaux médias aient été mis en place, testés et confirmés dans leur viabilité. Actuellement, le communicateur s’interroge sur son modèle de communication face à la multiplication des sources d’informations et le consommateur n’a probablement que très rarement le temps d’assimiler l’information tant il est sollicité par les médias.
Outre les médias traditionnels qui sont forcés de s’adapter aux impératifs commerciaux, de nouveaux vecteurs de l’information apparaissent: le GSM, Internet, les blogs, les médias sociaux, les play station…sont autant de moyens de véhiculer une information formatée ou non, répétitive ou non, approfondie ou non qui laissent de moins en moins de temps à l’auditeur/lecteur/consommateur de prendre le recul nécessaire à la réflexion. L’information immédiate et purement factuelle prendrait-elle le pas sur l’information approfondie et investigatrice qui prend le recul indispensable à l’analyse de l’actualité? Je ne le pense pas. Ne vivrait-on pas plutôt une période de transition? Il faut réinventer la relation entre le communicateur, le média et le consommateur.
Le communicateur est également secoué par la révolution des médias que nous vivons. Parent pauvre des départements, la communication doit soutenir ses collègues de la vente et du marketing, dont les moyens sont souvent énormes, en déployant une médiatisation de l’entreprise par des canaux de diffusion de l’information de plus en plus complexes à contrôler. Dans ce domaine, des outils de mesure de l’impact quantitatif et qualitatif existent et permettent d’analyser plus sereinement l’évolution de la visibilité du communicateur ou des ses produits à travers les médias et donc à travers l’opinion publique “consommatrice”. Cependant face aux nouveaux médias, la difficulté de l’équation s’intensifie aussi.
L’apparition des nouveaux médias et l’ombre qu’ils font indiscutablement aux médias traditionnels modifient donc la relation entre le communicateur, les médias et le consommateur. Ce modèle, qui permet aux communicateurs de vendre leurs produits, aux consommateurs d’être informés de manière démocratique (dans tous les sens du terme) et aux médias de vivre, est mis à mal. En pleine (r)évolution, le monde de la communication doit rester attentif à l’évolution des médias et à la manière dont le consommateur va modifier ses réflexes face à l’information. Le consommateur doit s’adapter, faire des choix dans la manière dont il va s’informer et s’attendre à être sollicter de façon plus ciblée. Quant aux médias traditionnels et virtuels, ils doivent touver la voie pour continuer d’être le meilleur moyen de communiquer pour les uns et de s’informer pour les autres.

