L’avenir de la presse: entre pessimisme et dynamisme

Publié hier soir sur le site de L’Echo, un article nous informe sur la dynamique du New York Times qui vient de mettre en ligne un nouveau service gratuit, Times wire qui actualise 24h sur 24 ses articles. Le site se présente comme une liste géante de titres et de “chapeaux” correspondant aux articles qui sont publiés et constamment mis à jour. En cliquant sur le “headline”, on accède alors à l’article que l’on souhaite lire. Selon Denise Warren, Directrice générale du NYTimes.com, ce site est destiné aux lecteurs friands d’informations de qualité, à la demande et plus personalisées. Cette nouvelle offre est proposée aux lendemains du lancement de Times Reader 2.0 qui permet de télécharger le journal du jour avec un journal plus moderne que NYTimes.com. Il s’agit d’une version plus interractive avec laquelle le lecteur peut par exemple remplir sa grille de mots croisés en ligne. Le NYtimes.com est le site d’actualité le plus visité des Etats-Unis avec plus de 20 millions de visiteurs par mois.
Ces 2 initiatives (certains diront 2 de plus) du New York Times sont intéressantes dans le cadre du débat sur l’avenir de la presse. Elles révèlent la volonté d’offrir un contenu sur Internet plus qualitatif et plus personnalisé pour les lecteurs du journal. La version Times Reader permet apparamment aussi de proposer un lay-out plus attractif, peut-être plus proche de celui du papier (je vous avoue, je ne l’ai pas encore testé). Avec plus de 20 millions de visiteurs par mois, le New York Times est leader sur le marché de l’information sur internet et n’a sans doute pas trop de souci à se faire pour l’instant quant à sa notoriété et ses recettes publicitaires. Quoique ces deux initiatives sont certainement nées de l’urgence de se démarquer pour survivre.
Je découvre quasi en même temps une autre nouveauté sur le web qui n’est pas pour me déplaire et qui rejoint la reconversion de bfm chez nous. Il s’agit d’un magazine virtuel qui tente de combiner un journalisme de qualité exercé par une équipe rédactionnelle complète avec des sujets qui vont de la politique aux sciences en passant par la culture et les faits de société. FLYP offre la possibilité de littéralement feuilleter les articles sur le web en soignant le lay-out et la présentation comme si vous étiez dans un magazine papier. La parution de ce magazine sur Internet permet d’enrichir les articles d’interventions filmées qui animent le contenu et dynamisent le concept.
Ces exemples illustrent pour moi la dynamique de quelques uns qui tentent d’autres formules. Ces initiatives ont le mérite d’exister et sont probablement pionnières de concepts de plus en plus performants pour évoluer vers la reconversion des médias traditionnels.
Une autre piste est suggérée dans l’édition de L’Echo d’aujourd’hui par une invitée de marque du journal, Frances Cairncross, recteur à l’Exeter College d’Oxford et journaliste pendant 20 ans à “The Economist”. Frances Cairncross se dit prudente quant à l’avenir du papier. Même pas 1 sur 10 de ses étudiants n’achète la presse quotidiennement. La génération multimédia a d’autres réflexes. Elle ne semble d’ailleurs pas confirmer que Internet soit un media vide de contenu. Le journalisme a donc toujours une raison d’être même sur Internet. Quant à la survie du papier, Frances Cairncross plaide pour le créneau de la proximité dont l’attrait est énorme pour le lecteur potentiel. Enfin, si la presse papier survit dit encore le recteur de l’Exeter Collège d’Oxford, ce sera au prix d’une réduction de son lectorat. Son seul avantage face à Internet sera d’atteindre un public de masse. Or, ajoute-t-elle, seule une presse généraliste assure cette notoriété de masse. Donc, si on se dirige vers une presse papier spécialisée, on s’adressera à une cible bien précise mais le lectorat ne sera plus aussi diversifié. Sa conclusion: un juste équilibre doit être trouvé! Malheureusement, elle reste pessimiste car elle n’est pas certaine qu’il existe. Dont acte, la révolution des médias est en marche…
