Des droits voisins réclamés par les éditeurs européens

Souvenez-vous il y a quelques semaines, nous étions à Berlin pour suivre le 1er sommet européen de la mesure des médias. Nous avions assisté à la conférence de Christophe Keese, President Public Affairs chez Axel Springer. Les participants au congrès avaient été relativement surpris de ce que souhaitaient réclamer les éditeurs en matière de droits d’auteurs. Hier, le site du New York Times confirmait cette information en relayant l’initiative des éditeurs européens auprès de la commissaire européenne chargée des médias et des télécommunications Viviane Reding. Parlant d’une pétition, le New York Times confirme que l’initiative fait suite à une campagne prenant sa source en Allemagne et menée par l’éditeur Axel Springer. Ce dernier souhaite créer des droits voisins au profit des éditeurs. Face aux agrégateurs de contenus et d’informations qui se multiplient sur Internet et qui font obstacle aux efforts déployés par les éditeurs pour imposer de nouveaux business models en ligne, les éditeurs semblent déterminés.
Selon le New York Times:
The right would give publishers greater control over secondary use of their work that generate revenue.
Les éditeurs réclament également un renforcement de la législation et souhaitent imposer une nouvelle technologie qui permette de gérer les échanges d’informations entre les éditeurs et les moteurs de recherche. Ce système appelé “Automated Content Access Protocol” permettrait sans doute de créer du profit pour les éditeurs sur le web et de permettre aux agrégateurs de contenus de poursuivre leur travail. Chez Google, aucun commentaire.
Viviane Reding n’a pas encore commenté l’initiative des éditeurs mais son porte-parole a fait référence au discours qu’elle a fait hier à Bruxelles dans lequel elle dit:
A top priority for developing the digital economy in Europe is the creation of a simple, consumer-friendly legal framework for accessing digital content in Europe’s single market, while ensuring at the same time fair remuneration of creators.
Qu’en est-il une fois encore pour les journalistes qui rédigent le contenu publié par les éditeurs. Il faudra que ceux-ci y pensent au risque de fâcher les journalistes. En Belgique, la majorité des journalistes ont cédé leurs droits aux éditeurs représentés par Reprocopy (côté néerlandophone) et Copiepresse (pour la partie francophone et germanophone). Mais l’accord entre les éditeurs et les journalistes va-t-il aussi loin que la gestion des droits d’auteurs ou voisins réclamés par les éditeurs pour une utilisation de leur contenu sur Internet?
Parmi les signataires de la pétition, on retrouve News Corp., Axel Springer, Gruner + Jahr, Lagardère, Independant News & Media, The Daily Mail & General Trust, Burda Media et le Groupe Espresso. Ni l’International Herald Tribune, ni le New York Times n’en sont signataires.
