Le pensée du jour

Et pourtant, les éditeurs classiques poursuivent selon leurs vieilles habitudes. Bouclage du journal tard dans la nuit, avant l’envoi à l’imprimeur, le remplissage de camions et la distribution aux libraires. Pas de flexibilité, lenteur, inefficacité et pollution, alors que les réseaux de Belgacom et Telenet sont là, ne demandent qu’à être utilisés. C’est un exemple classique de la loi de l’inertie engendrée par l’avance acquise. En Flandre, De Persgroep vient d’ouvrir une gigantesque imprimerie…
Cette réflexion sur l’attentisme des médias traditionnels et plus particulièrement de la presse écrite, nous vient de Bert Van wassenhove de l’agence One agency qui s’interroge sur les raisons d’ignorer la révolution de l’e-paper. Le bonhomme, dans un article publié en avril dans la magazine Inside suggère de “regarder vers l’avenir, d’opter radicalement pour l’innovation, d’emprunter une nouvelle voie”. En parlant de l’e-paper, il aborde l’arrivée de l’e-book. Sony et Amazon ont chacun développé leur version. Grâce aux dernières versions de l’e-book, le consommateur/lecteur reçoit en temps réel les éditions quotidiennes du journal et ses mises à jour de manière électronique. Il reçoit également les commentaires et peut réagir immédiatement. L’auteur nous informe que Nicholas Carlson du Silicon Alley Insider a calculé qu’offrir un e-book à chaque lecteur abonné au New York Times coûterait deux fois moins cher au journal que de l’imprimer pendant un an. L’auteur est catastrophé par l’attitude de notre presse quotidienne et imagine que Google consacre une faible part de ses budgets au développement de l’e-paper. Il prédit alors que nos quotidiens deviendraient vite de simples fournisseurs de contenu local et ne se fait aucune illusion sur la réaction des éditeurs:
Je vois déjà le lobby des éditeurs implorer les ministres compétents: “aidez-nous, nous devons rester indépendants”, “Empêchez ces nouveaux venus d’avoir accès au contenu via des lois de copyright insensées”, “LEurope doit nous sauver”…
Il est dur, cet homme du marketing!
