La consommation des news sur Internet

By Thibaut • on July 30, 2009

journauxPour appréhender quelque peu les tendances de consommation de l’information sur Internet, il est intéressant de parcourir les résultats d’une étude réalisée tous les deux ans par le Pew Research Center for the People & the Press à Washington. Ce n’est pas nouveau, nous pressentons depuis un certain temps déjà qu’Internet suscite un intérêt croissant et que les médias traditionnels rencontrent des difficultés pour maintenir leur audience.

Si l’étude a été menée aux Etats-Unis, elle reflète néanmoins la tendance d’érosion amorcée en Europe également. Depuis les années 1990 la proportion d’Américains affirmant lire un journal a baissé de 40%. Celle affirmant regarder les informations régulièrement sur les grands réseaux d’information a diminué de moitié. Durant les deux dernières années, si cette tendance s’est stabilisée, on constate malgré tout que le pourcentage de personnes lisant un journal a baissé de 40 à 34%.

L’étude dont il est question est notamment intéressante parce qu’elle identifie de manière assez innovante 4 types de consommateurs d’information: les Net-Newsers, les Intergators, les Traditionalists et les Disengaged. L’étude a été menée par téléphone à travers un panel de 3.615 personnes entre 18 ans et plus et exclusivement aux Etats-Unis.

Sans surprise, les disengaged qui forment 13% du panel sont les moins intéressés par l’information mais aussi les moins éduqués. Les traditionalistes qui constituent 46% du public interrogé représentent également le segment le plus âgé avec une moyenne d’âge de 52 ans. Ils sont friands des informations à la télévision. Les deux derniers groupes sont les plus intéressants. Les Net-Newsers qui ne représentent encore que 13% du panel dépendent eux de plus en plus d’Internet et évitent les médias traditionnels. Ils sont plus jeunes (en-dessous de 35 ans) et éduqués. Selon Pew, c’est probablement les habitudes de consommation des Net-Newsers qui affaiblissent les médias traditionnels. Enfin, il y a les integrators qui représentent 23% du public et qui parviennent à s’informer sur les médias online aussi bien que dans les médias traditionnels.

Les deux dernières catégories ont donc contribué à l’augmentation de la consommation des news sur Internet: entre 2006 et 2008, le nombre d’Américains qui ont consulté au moins 3 jours par semaines l’information sur internet est passé de 31 à 37%. 39% de ces derniers affirment consommer l’information plus régulièrement encore sur Internet. Quant à la consommation quotidienne d’Internet, elle est passée en 2 ans de 18 à 25%.

L’étude met également en exergue l’importance pour une minorité d’américains d’accéder à l’information à travers les réseaux sociaux comme Facebook ou MySpace. Parmi 3 consommateurs sur 10 qui possèdent un profil sur un réseau social, 10% affirment utiliser le réseau social pour accéder à l’information régulièrement et 20% affirment le faire parfois.

Une autre partie de l’étude se penche sur l’intérêt des consommateurs pour le contenu des informations. 57% disent s’intéresser aux informations locales, 55% disent également s’intéresser aux informations nationales et seulement 39% déclarent s’intéresser aux nouvelles internationales. Les informations les plus suivies sont celles concernant la météo (48%). Les crimes, appelons-les Faits divers, viennent ensuite (28%). Suivent les sujets axés su l’éducation (23%), la communauté (22%), l’environnement (21%), la politique (21%), les gouvernements locaux, la santé, le sport et la religion (20%), les affaires internationales, le Business et la finance (16%), la consommation et les sciences et la technologie (13%), le divertissement (10%), la culture et les arts (11%), les célébrités (7%) et les voyages (6%). Cette partie de l’étude démontre l’intérêt pour un média traditionnel ou non de connaître de mieux en mieux l’attirance des consommateurs pour tel ou tel sujet afin d’adopter une ligne éditoriale adéquate en matière de choix de contenus. L’enrichissement de ce contenu pourrait contribuer à maintenir une certaine audience.

Nous pourrions encore égrener les résultats de cette étude dans le détail tant de nombreux résultats sont interpellant et révélateurs d’une révolution de l’information que nous vivons. si l’étude démontre aussi la complexité du phénomène, elle prouve de manière limpide l’urgence pour les médias traditionnels de trouver des solutions pour survivre.