La société Meltwater contre le grand méchant loup, la NLA

By Thibaut • on December 22, 2009

MeltwaterFace aux exigences de la NLA (Newspaper Licensing Agency), une société anglaise fait figure de dernier rempart contre des pratiques qui risquent de détourner l’utilisateur final de l’information issue des médias traditionnels. La société Meltwater basée en Angleterre, spécialisée dans la surveillance des sources d’information sur Internet dans plus de 110 pays, est confrontée à l’obligation de payer une licence d’accès pour cliquer sur le lien conduisant à l’information. Dans un message diffusé à ses clients, Meltwater exprime son désaccord total vis-à-vis de la NLA:

Meltwater strongly disagrees with this and has announced today that we are taking the NLA to the UK Copyright Tribunal to challenge what we consider to be a link tax without legal basis.

Malgré des discussions entre Meltwater et la NLA durant plusieurs mois, aucun accord ne s’est dégagé et à partir du 1er janvier 2010, la NLA devrait  exiger la signature d’une licence d’utilisation des liens vers des articles d’information.

Selon Meltwater, son action auprès du UK Copyright Tribunal devrait prendre 9 à 12 mois. En attendant, Meltwater compte bien poursuivre la livraison des liens à ses clients.

Outre Meltwater qui a décidé de tenter de résister juridiquement, la FIBEP et l’AMEC tentent également de différentes manière d’arracher un accord acceptable pour leurs membres. Cependant, il semble manquer de coordination entre les deux associations puisque l’AMEC vient d’informer ses membres dont certains sont également membres de la FIBEP de l’évolution des discussions avec la NLA. Un accord pourrait aboutir entre l’AMEC et la NLA dans le courant de l’année 2010.

Malheureusement, ces initiatives désordonnées ne peuvent, à notre avis, que mener à ce que la NLA atteigne ses objectifs en verrouillant l’accès à l’information par l’intermédiaire de licences si coûteuses que l’utilisateur final (les annonceurs) ne pourra plus accéder au contenu de la presse traditionnelle papier ou digitale.

Enfin, l’ambition de la NLA est bien entendu de rallier ses partenaires européens à cette solution d’accès à l’information via un link et non un fichier pdf. Aujourd’hui, le débat a lieu dans la discrétion totale au profit des éditeurs sans aucune sensibilisation des utilisateurs finaux de l’information. Les exigences des éditeurs sont sans limites puisqu’ils ont déjà évoqué la possibilité d’exiger des droits d’auteurs pour des analyses de contenu réalisées sur base d’articles de presse.