Comme une impression de calme avant la tempête
Nos ministres vaquent à leurs occupations comme si de rien n’était. Les uns sont plus médiatisés que d’autres mais plus exposés aussi, d’autres travaillent dans la discrétion. Ce calme apparent est aussi géré par Yves Leterme qui voyage beaucoup et se tait dans toutes les langues dans l’intérêt du pays ou pour éviter tout dérapage incontrôlé. Mais une tempête se prépare peut-être et la fin des vacances de Pâques devrait sonner la fin de la récréation. Une nouvelle réforme de l’Etat s’annonce avec, pour arbitre, BHV.
Le top 5 de la visibilité médiatique de nos dirigeants politiques au fédéral sur Internet reste identique par rapport au top 5 de leur impact en presse au mois de mars. Seul leur classement change. Didier Reynders prend la 1ère place à Leterme. Stefaan De Clerck prend la place de Joëlle Milquet et se retrouve 3ème et Michel Daerden est relégué à la 5ème place
Alors que Leterme semble prendre à coeur son rôle de “Premier Ministre au-dessus de la mêlée” et se retranche derrière l’intérêt du pays pour ne pas prendre position, les autres sont plus clairement exposés. Le bilan médiatique de Didier Reynders reflète une communication défaillante. Cela commence avec les médecins furieux de l’arrêté ministériel pris en toute discrétion par Reynders et qui autorise désormais les commerçants à vendre les paquets de tabac à un prix inférieur à celui indiqué sur les timbres fiscaux qui y sont apposés. Comme le déclare Pedro Burgada, cardiologue à l’AZ Jette:
C’est tellement ridicule que cela se passe de commentaires.
Il se distingue également dans l’affaire Carrefour en se mettant les syndicats à dos. Ces propos sont tenus pour “cyniques et indécents” par ces derniers. Il défend encore Nicolas Sarkozy alors que l’image du Président français s’assombrit de mois en mois. Il ne résiste pas à présenter le bilan de 10 ans de mandat à la tête du Ministère des Finances. Cette longévité est certes exceptionnelle mais un peu de modestie ne ferait pas de tort. Au sein de son parti où les propos de Maingain choquent de nombreux élus, il se tait sur le sujet. Et pour couronner le tout, l’opinion apprend qu’il a failli quitter la politique à deux reprises. Et ça, vraiment, on a du mal à le croire. Si c’était vrai, il aurait dû depuis longtemps faire un pas de côté face à la contestation au sein de son parti pour apaiser les critiques et montrer sa volonté de changement. Conséquence de tout cela, un nouvelle baisse du MR dans les sondages. En un mois, Didier Reynders, qui avait été plus discret depuis début janvier, a accumulé des apparitions médiatiques peu favorables à son image. Rien ne change vraiment au sein du MR en matière de communication.
Michel Daerden tente de rassurer l’opinion en déclarant que “L’Etat paiera toujours les pensions” mais il est dorénavant en sursis permanent en raison du dossier sur les marchés publics des réviseurs qui le vise directement.
Selon le PS et l’Open VLD, Stefaan De Clerck n’en fini plus de postposer sa réforme de la justice et s’attire dès lors les foudres de ses adversaires. Enfin, Joëlle Milquet subit l’amertume de Didier Donfut qui l’accuse d’être à l’origine de sa démission.
Bref, ce constat n’est que le lot quotidien de nos élus dont les uns gèrent probablement mieux leur communication que d’autres. On a en effet l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes depuis qu’Yves Leterme a repris le poste laissé vacant par Herman Van Rompuy. Chacun vaque à ses occupations. La réalité est sans doute différente puisque l’échéance dans le dossier BHV approche et que l’issue des négociations menées par Jean-Luc Dehaene décidera de l’avenir politique du pays. A la veille de la Présidence belge de l’Union européenne, c’est évidemment préoccupant pour l’image de la Belgique.


