Joutes politiques sur Twitter

By Thibaut • on April 27, 2010

Depuis le désormais célèbre Alea jacta est de Vincent Van Quickenborne sur Twitter à 11h31 le jeudi 22 avril dernier, l’effervescence règne sur ce micro média qu’est devenu Twitter. Quelques hommes et femmes politiques, quelques journalistes ou experts des médias échangent en effet leurs points de vue sur la situation politique ou s’interrogent sur l’avenir de la Belgique.

Grâce aux réactions de quelques internautes et visiteurs de notre site, nous avons pu étoffer la liste des hommes et femmes politiques que nous suivons. Nous sommes donc en mesure de vous offrir une mise à jour de cette étude sur leur présence sur Twitter.  Ils sont aujourd’hui 93 actifs sur Twitter en 2010 et 45 qui n’ont plus twitté depuis la fin de l’année 2009. Le nom générique repris dans les tableaux correspond à l’intitulé du compte exact de chaque politicien. Vous pouvez donc utiliser cet intitulé si vous souhaitez les suivre. Aujourd’hui, parmi les 93 politiciens qui ont twitté en 2010, 39 ont déjà posté un ou plusieurs tweets aujourd’hui et 62 ont twitté depuis le 22 avril.

L’actualité des derniers jours a considérablement dopé l’utilisation de ce média avec des conséquences parfois étonnantes. Ainsi, Karine Lalieux qui est une des plus  ferventes utilisatrices de Twitter déclarait au JT de 13h sur RTL-TVI que depuis quelques jours, elle ne correspondait  plus beaucoup  via twitter avec Vincent Van Quickenborne avec qui pourtant elle travaille régulièrement au Parlement. La tension due à la situation politique n’y est sans doute pas pour rien. Nous avons également observé qu’en quelques jours, le nombre de suiveurs d’Yves Leterme, inscrit récemment sur Twitter, avait doublé atteignant le nombre impressionnant de 4.178. Alexander De Croo a également vu son nombre de suiveurs tripler en quelques jours et atteindre aujourd’hui 2.194. Ces chiffres ne cessent d’ailleurs pas d’augmenter puisqu’entre le moment où nous avons répertorié les chiffres de chaque compte avant midi, Yves Leterme a encore gagné 36 suiveurs et Alexander De Croo 47 suiveurs.

Aujourd’hui, la perspective d’élections anticipées devrait encore doper l’activité sur Twitter.

Nous avons également constaté qu’avec la tension politique, le discours se faisait plus rude. les utilisateurs de Twitter n’hésitent en effet pas à être un peu plus agressifs vis-à-vis de leurs adversaires politiques.  Manifestement, la campagne a déjà commencé. L’activité journalistique s’est également emballée et on peut assister à longueur de journée au dialogue de certains  journalistes avec des élus. C’est notamment le cas de Johanne Montay de la RTBF. Pour l’homme politique, Twitter devient donc un véritable moyen de communication.

Cependant, pour utiliser ce nouveau média à bon escient, il faut avoir la capacité d’y rester présent jour après jour et donc de jongler avec les nouvelles technologies. Il faut considérer Twitter comme un outil de communication, voire dans certains cas ou circonstances, comme une arme. A l’approche d’une campagne électorale ou tout simplement dans le cadre des vives tensions qui animent la vie politique aujourd’hui, Twitter est une arme virtuelle  contre son adversaire politique.

Par ailleurs, lorsqu’on décide de créer un compte Twitter, il faut rester conséquent par rapport à ses intentions et ne pas abandonner ce compte sans communication. Le second tableau ci-dessous dénombre les hommes et femmes politiques qui ont stoppé leur communication sur Twitter avant la fin de l’année 2009 sans clôturer leur compte ou sans annoncer à leurs suiveurs qu’ils abandonnaient ce média. Dans notre étude précédente, nous évoquions Jean-Michel Javaux qui possédait un potentiel de suiveurs considérable mais qui n’avait plus twitté depuis septembre 2009. Il a repris depuis sa communication, conscient peut-être de la formidable vitrine qu’il possédait. Il n’a probablement pas eu tort puisque depuis qu’il a repris contact avec ses suiveurs il y a une dizaine de jours, il en a gagné 362.

Enfin, il est une autre qualité que Twitter exige: la crédibilité du contenu. Il faut en effet garder la confiance de ses suiveurs afin de rester crédible auprès de l’opinion. C’est vrai pour un journaliste, ça l’est tout autant pour un politicien. Il faut donc pouvoir gérer son actualité, informer, relayer l’information tout en se permettant de temps en temps un peu d’humour, de décontraction ou même un coup de gueule.

Bref, pour celui qui parvient à jongler avec les nouvelles technologies, à gérer son emploi du temps et ses techniques de communication avec l’objectif de rester en contact avec ses suiveurs (ou ses élus), Twitter peut devenir une vrai machine de guerre.