Le modèle économique du FT digital

By Thibaut • on June 16, 2010

Le FT veut bien soutenir la libre circulation de l’information mais considère qu’une information ne peut-être délivrée gratuitement et ne le sera jamais. C’est pourquoi le Financial Times a développé un modèle économique qui lui pemet de vendre son contenu digital contre monnaie sonnante et trébuchante. Le modèle imaginé par le FT est bien entendu attirant pour le consommateur qui peut se satisfaire d’un seul journal. Qu’en est-il de ceux qui souhaitent accéder à l’information de plusieurs médias. Devront-ils à terme s’abonner autant de fois à des modèles différents liés à chaque journal auquel ils souhaitent accéder?

En quittant la NLA (Newspaper Licensing Agency), le FT tourne le dos à une solution concertée entre tous les éditeurs. Que va pouvoir faire un consommateur final qui surveille sa marque au niveau national ou international s’il doit payer autant de fois des droits d’auteur qu’il n’y a d’acteurs pour accéder au contenu de l’information.

La raison pour laquelle le FT s’est désolidarisée de la NLA est évidemment noble mais va inévitablement dans le sens d’une augmentation du coût de l’accès à  l’information. La valeur de cette information est devenue vitale pour le FT, bien plus que la publicité qui décline au sein des éditeurs traditionnels. L’argument avancé pour faire cavalier seul est la transparence que le FT veut adopter vis-à-vis de l’utilisateur final de son contenu. C’est probablement aussi une manière d’être plus proche de lui pour répondre au mieux à sa demande. Et c’est pourquoi, il a mis en place un modèle économique à plusieurs niveaux.

Quant au traitement des articles au-delà de leur “achat”, le FT n’a aucune ambition et souhaite garder une relation basée sur la confiance avec les sociétés de Media monitoring dont la plus value est d’offrir des services très pointus en matière d’analyse du contenu de l’information. Le FT n’a donc aucune intention actuellement d’exiger des droits d’auteur supplémentaires pour des services d’analyses de son contenu que des tiers offrent déjà depuis longtemps à leurs clients.