L’électeur, dindon de la rentrée

By Thibaut • on September 1, 2010

Parti en vacances le coeur léger pour se ressourcer, l’électeur du 13 juin est de retour, reposé et plein de courage pour affronter l’année plein de bonnes résolutions. Malheureusement, il doit bien constaté que du côté des élus, le scénario est plutôt dramatique. Les plus optimistes diront que du chemin a été fait alors que les plus pessimistes penseront que les négociations vont capoter d’un jour à l’autre.

L’électeur pensait avoir bien voté en plébiscitant deux partis qui ont écrasé les autres mais l’enthousiasme des premiers jours de travail et la volonté affichée des partis se sont rapidement essoufflés. Pire, après de longs silences et une communication au compte goutte, on sent l’impatience des uns et des autres. Avec la rentrée,  même les médias montrent leur impatience. On parle de dramatisation  et on se demande si elle est forcée  naturellement  par le constat d’échec ou si elle est mise en scène. Dans quelques semaines, on parlera  sans doute de tragédie.

Les observateurs et les analystes avertis ont beau temporiser et rappeler que ce n’est pas la première fois que pareil scénario tient en haleine tout le pays, plus personne n’y croit. Penaud, l’électeur observe une fois encore  le cirque politique où chaque numéro est plus mauvais que l’autre.

Certains hommes et femmes politiques qui animent le pays depuis 2007 traversent un long désert qui pourrait être fatal à leur image et à leur crédibilité. Quand on évoquera certains noms, dans quelques années on peut imaginer les sentiments mitigés que certains exprimeront vis-à-vis de ceux qui auront marqué la politique belge durant cette période: pitoyable, consternant, irresponsable seront des qualificatifs plus souvent  cités à moins que l’Histoire belge n’omette purement et simplement cette triste période.

Avec la rentrée, la réalité reprend le dessus. L’électeur reste le dindon de la farce politique qui se joue sous son nez depuis 2007. Il ne peut qu’observer la hargne des uns qui se heurtent à l’entêtement de leurs vis-à-vis et l’amertume des autres de ne pas en être. Pour ne pas sombrer dans la dépression, la meilleure attitude est sans doute de continuer à s’amuser de ces jeux du cirque que les politiques  alimentent eux-mêmes. Un jour, ça passera ou ça lassera mais l’électeur retiendra.

En attendant, Elio Di Rupo et Bart De Wever monopolisent les médias de manière insolente. Les autres se contentent des miettes.