Les baromètres politiques se multiplient
Depuis début décembre, le citoyen/lecteur/auditeur bénéficie de 2 baromètres politiques très médiatisés par leur commanditaire média: le baromètre politique de La Libre RTBF et le Grand baromètre RTL TVI Ipsos Le Soir qui, étendu à la Flandre, devient même
Politieke barometer De Morgen Ipsos VTM in samenwerking met Le Soir en RTL.
Auparavant, La Libre Belgique était tout simplement associée à RTL TVI.
Les 3 et 5 décembre, les deux baromètres ont été publiés. Deux sondages pour le prix d’un ne facilite évidemment pas la lecture des résultats. La question qui se pose immédiatement est la manière dont chacun va se distinguer de l’autre pour éviter des comparaisons qui mettent à mal les méthodologies affichées ou les différences de résultats.
Force est de constater, à la lecture de la sortie simultanée de ces deux baromètres, que la tâche n’est pas simple. S’ils ont été réalisés tous les deux par Internet, les échantillons et les dates ne correspondent pas. Celui de La Libre et de la RTBF a été réalisé entre le 26 et le 30 novembre et celui de RTL TVI et du journal Le Soir entre le 17 et le 27 novembre avec un sondage complémentaire entre le 30 novembre et le 2 décembre. La Libre annonce que son échantillon est strictement représentatif avec 3.008 électeurs (901 en Flandre, 905 dans les 19 communes de Bruxelles, 300 dans les communes à facilité de la périphérie et 902 en Wallonie). Celui du journal Le Soir annonce pour le premier qu’il s’est appuyé sur une vague de 2.000 répondants (750 en Flandre, 750 en Wallonie et 500 dans les 19 communes de la périphérie) et pour le second sur une vague de 1.450 répondants dont 572 en Wallonie et 878 en Flandre. Quant aux marges d’erreur, elles varient aussi: Ipsos (pour Le Soir et RTL TVI) annonce une marge d’erreur de 3,6% en Wallonie et en Flandre et de 4,4% à Bruxelles alors que Dedicated Research annonce 3,3% dans les 3 parties du pays.
Pour comparer leurs résultats, les deux baromètres font référence aux résultats du dernier baromètre encore publié en septembre 2011 par RTL TVI et La Libre Belgique. Les questions étaient exactement identiques. La première concernait les intentions de vote et la seconde la participation plus ou moins majeure que les hommes et femmes politiques auraient dans les mois à venir.
Afin de mieux les comparer, nous avons rassemblé les résultats des deux sondages dans des tableaux communs.
Si les réponses à la première question semblent refléter des résultats plus ou moins identiques ou approchant, ce n’est pas du tout le cas pour la seconde question où les écarts sont plus flagrants.
Pour la questions sur les intentions de vote, si on applique les marges d’erreurs dans chaque sondage, les résultats se tiennent sauf pour la NVA sur la Flandre. En effet, même si on applique la marge d’erreur de 3,6% pour le baromètre d’Ipsos et de 3,3% pour celui de Dedicated Research, les résultats ne se rapprochent pas suffisamment: on reste respectivement à 36,9% et 38,2% soit une différence minime mais qui tend vers des intentions de vote plus proches de 37 à 38% plutôt que de presque 40%. Ce constat fait, on peut quand même conclure que les résultats pour cette première partie des baromètres se rejoignent.

En Flandre, derrière Bart De Wever, on trouve Peeters, Leterme et Di Rupo mais avec des résultats totalement différents. Ils sont à égalité dans le baromètre de La Libre RTBF mais clairement distingués dans celui de RTL TVI Le Soir. Les différences en terme de ranking sont plus marquées en Flandre qu’à Bruxelles.

A Bruxelles, si on se base sur le ranking des résultats, les personnalités obtiennent à peu de choses près la même position dans les deux baromètres toutes proportions gardées. Par exemple, Onkelinx et Milquet sont à égalité juste après Elio Di Rupo dans le baromètre politique de La Libre RTBF avec derrière elles Guy Verhofstadt alors que dans le Grand baromètre RTL TVI Le Soir, elle sont également à égalité mais avec Guy Verhofstadt qui les devance. Toujours à Bruxelles, Jean-Michel Javaux et Paul Magnette sont respectivement 5ème et 6ème dans les deux sondages. Rudy Demotte et Benoît Lutgen échangent leur place d’un baromètre à l’autre.

En Wallonie, la seule certitude, c’est la personnalité la plus plébiscitée à savoir Elio Di Rupo. C’est le même constat pour les autres régions, la seule certitude est la 1er personnalité qui arrive en tête de sondage: Elio Di Rupo en Wallonie et à Bruxelles et Bart De Wever en Flandre.
On est donc confronté pour cette seconde partie des sondages à des écarts plus délicats à interpréter. L’inconnue se situe évidemment dans la constitution du pannel qui peut probablement faire varier fortement les réponses aux questions surtout lorsqu’il s’agit de se prononcer sur le rôle que pourrait jouer une trentaine de personnalités. Et on ne peut s’empêcher de citer les propos de Marc Dumoulin pour Dedicated Research qui justifie le choix d’augmenter l’échantillon du baromètre de La Libre RTBF sur les trois régions:
Plus l’échantillon est important, plus la diversité de la population est prise en compte et plus le résultat est fin.
Au-delà de ce premier constat, on se pose évidemment la question de savoir comment les deux baromètres vont pouvoir exister côte à côte trimestre après trimestre sans se distinguer plus. Le risque est grand de constater des différences flagrantes au gré des trimestres et des résultats. L’un comme l’autre gagnerait à se distinguer pour ne pas lasser le lecteur/auditeur.

